mardi 30 avril 2013

La vie ne tient qu'à un fil... loué soit le fil !

Mardi matin, 6h30, entre rêve et réalité, j'entends le réveil sonner. Le réveil, déjà? non, ce n'est pas possible, me dis-je. Putain, ce n'est pas le réveil, c'est le téléphone. Qui peut bien appeler à cette heure-ci? Sarah, ma femme, est partie à 6h pour aller au boulot, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé...

En une seconde, je me lève pour décrocher. Je n'ai pas le temps d'avoir peur, même si, bien sûr, je pense au matin où Pierre, mon beau-père, est décédé, et où nous l'avons appris par ce même téléphone. Un mardi, aussi. Je décroche donc, mais personne. Le répondeur s'est déclenché. Je dois attendre la fin du message. Les secondes sont longues. Sarah finit par parler. Catastrophée, en état de choc, elle a eu un accident sur l'autoroute, vers Crissier. Je la rappelle, et n'ai pas le temps d'être rassuré. Après coup, je réaliserai que si elle m'a appelé, c'est qu'elle va bien!

Après un bref échange au bout du fil avec elle, je file à Crissier. Je n'ai pas le temps de réaliser. Je n'ai pas le temps de comprendre. La seule chose à laquelle je pense, c'est être auprès d'elle. Je file, et peu avant Villars-Sainte-Croix, cela commence à bouchonner. Je dois me montrer patient.

Enfin, j'arrive sur les lieux de l'accident. L'ambulance est là, les policiers aussi. Je rejoins Sarah dans l'ambulance et elle éclate en sanglots, mais elle va bien. Touchée par un camion qui voulait se rabattre (mais qui ne l'avait je pense pas vue) alors qu'elle était à 95 km/h, elle a fait deux tête-à-queue avant d'heurter violemment la barrière de sécurité, deux fois. Sarah est sous le choc mais va bien, apparemment rien n'est touché ni cassé. Les secouristes sont super choux, y compris des automobilistes qui se sont arrêtés, au contraire du camion qui a continué sa route... (mais j'apprendrai plus tard qu'il s'était arrêté plus loin)


Après qu'elle a fait sa déposition, je la ramène à la maison. Juste le temps de réaliser ensemble de ce miracle d'être en vie. Car comme l'a dit Sarah, c'est une chance, un miracle, qu'elle soit encore en vie après un tel accident, une chance aussi que personne ne lui soit rentrée dedans après son choc avec le camion... Je me rends compte qu'elle aurait bien sûr pu mourir, mais aussi être paraplégique pour le restant de ses jours. Imaginez après 9 mois de mariage, comment la vie aurait été différente. Nous l'avons quand même échappé belle...

Toute la journée, nous en parlons. Comment se fait-il qu'elle n'ait rien eu? Appelez-le comme vous voulez, mais la grand patron, ou un ange, veillait sur elle. C'est un miracle... Après son adoption qu'elle considère comme une 2e chance, en voici une 3e pour sa vie. La vie qui, nous le savons, est fragile. Mais c'est peut-être aussi pour cela qu'elle est belle! A nous maintenant d'en profiter! Comme disait Alain Souchon: la vie ne vaut rien (la vie est si fragile), mais rien ne vaut la vie (la vie est si précieuse!).

Décidément, la vie ne tient qu'à un fil... loué soit le fil !* Nous rendons grâce à Dieu !

* Merci Etienne pour cette belle trouvaille!

lundi 29 avril 2013

Rien ne sert de courir...

Courir, courir, pourquoi courir? En mal de sport, après avoir dû arrêté le foot faute de temps (le soir et le week-end), la course à pied me tendait les bras... Suivant les traces de mon père, grand coureur de l'éternel, j'ai décidé moi aussi de courir (non pas les jupons mais) les 20 km de Lausanne (enfin... les 10km!).

La puce à l'oreille m'a été mise par Michel Durussel, pasteur responsable cantonal de Terre Nouvelle, qui proposait un concept de module de KT "champion solidaire". Le principe: courir les 4 km et se faire parrainer pour soutenir des projets de l'EPER et autres oeuvres d'entraide de nos Eglises, également en achetant un bandana distinctif de couleur. Malheureusement, trop peu d'enfants s'y sont inscrits et j'ai dû annulé le module... mais pas mon objectif peronnel de faire la course !

La course à pied, un sport solitaire ou solidaire ?

J'ai donc continué à m'entraîner et le jour J, j'avais la boule au ventre, comme avant un match de foot, comme avant un examen. Il faut dire que je ne savais pas où je mettais les pieds. Impressionné par l'infrastructure - il fallait bien quelque chose de la sorte pour accueillir les 21500 coureurs ! -, j'ai aussi été impressionné par l'esprit bon enfant qui régnait au sein des coureurs. Loin de la compétition pour la compétition, loin de la gagne à tout prix, j'ai retrouvé ce que j'étais venu chercher: courir pour le plaisir de courir, courir pour aller au bout de soi-même, courir sans oublier tous ceux qui nous entourent. Car certes, la course à pied est un sport individuel, "solitaire", mais peut-il être un sport solidaire? Je dis oui.

Je dis oui car au moment de la course, rapidement des liens se font avec mes voisins. Après un départ les uns sur les autres, des gruppetti se forment, des regards se lancent, des encouragements se sentent et s'entendent.  La pluie s'abat violemment, mais je ne la sens pas. Ce que je sens, ce sont les encouragements des gens, qui me touchent. Puis je découvre au bord de la route des enfants qui crient bien qu'ils ne connaissent pas les coureurs et qui tendent la main aux coureurs. Je kiffe. Je kiffe leur taper dans la main (pas trop fort, hein!). Et chaque fois que je tape dans la main d'un spectateur, inconsciemment je suis reboosté et j'accélère. La tapée de main des 20 km, c'est pour moi une véritable potion magique.

Aller au bout pour... courir solidaire !

Les derniers kilomètres sont durs. Extrêmement durs. Je vois le stade de Coubertin où se trouve l'arrivée, mais le parcours m'en éloigne. Physiquement et psychiquement, je suis dans le dur. Mais le dur ne dure pas, je serre les dents et voici le stade. Je me sens pousser des ailes, j'accélère encore. Et c'est fait. C'est fini. Mon objectif était de finir maximum en 1h, j'ai mis 53,03 minutes. Je suis allé au bout de moi-même, au bout de ce que je pouvais. Mais à l'arrivée, je ne puis m'empêcher de penser à tous les  enfants Indiens qui souffrent de d'analphabétisme, pour lesquels je porte le bandana "champion solidaire" en brassard. Je croise une coureur avec qui j'ai pas mal couru, on se félicite, comme si l'on se connaissait. On a fait un bout de chemin ensemble. Je retrouve ma femme et lis dans ses yeux de la fierté.
L'amour qu'elle me porte m'a aussi porté. Courir, c'était pour moi lui redire aussi mon amour. La sortie du stade est chaotique, mais des visages connus surgissent d'ici ou de là, en communion d'un même effort vécu.

Non décidément, rien ne sert de courir solitaire, il faut courir... solidaire!

mercredi 24 avril 2013

Face à la crise, un appel à l'engagement !

Dimanche dernier, j'étais invité à prêcher "hors les murs" (de ma paroisse et de ma région), à Bussigny, à l'occasion du culte d'envoi du jeune Jérémie Ramelet pour 6 mois au Cameroun. Un honneur et un plaisir, mais aussi l'occasion de réfléchir à notre monde, à nos valeurs.

C'est la crise! Et si on faisait la guerre ?
C'est la crise. 
Ce jeune, avec qui j'ai eu la chance de partager plusieurs camps, nous a confié ses motivations et sa vision du monde. La crise, disait-il dans son allocution, fait rage. Crise économique, crise financière, crise sécuritaire (ou terroriste avec les derniers attentats à Boston ou ailleurs), crise des valeurs aussi. Je pourrais rajouter encore "crise des rêves", crises des vocations de combattants, suite au dernier camp de KT des Cévennes. Les jeunes, aujourd'hui, ne semblent plus avoir de combats, de rêves, autres que le plaisir à tout prix. Des fois quand même (attention ce que je vais dire est affreux), je me dis qu'une bonne vieille guerre nous ferait du bien pour remettre l'Eglise au milieu du village, pour nous remettre face à l'essentiel que l'on a tendance à oublier à force de matérialisme et d'individualisme hédonisto-centrique. C'est dit.

La crise, donc, pousse certains à partir en Afrique, à la recherche d'autre chose, d'autres valeurs, pour se confronter à ses propres limites, pour se faire et se défaire comme dit Nicolas Bouvier: « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

Et nous qui restons, comment faire face à la crise? Des fois je me dis que notre société va dans le mur:
les violences et les bitures noctures qui sont un signe que nous envoient les jeunes face au monde de m... dans lequel ils vivent et qui ne leur fait pas de place, les vides relationnels alors que la société est censée nous mettre en lien via les réseaux sociaux, les images de l'homme et de la femme déformés par la publicité, le sexe facile et la TV réalité - genre les anges de la TV réalité - sur internet*, la superficialité des rapports, l'"overbookage" déprimant où l'on n'a plus le temps de rien faire, etc. En bref, on est dans la merde, osons le dire. Mais allô quoi!

Ce matin, la méditation entre ministres m'a rappelé que déjà chez les premiers chrétiens (voir la 1re lettre aux Thessaloniciens) la relation est mise au centre... A-t-on oublié cela ? A-t-on oublié que le mots grec κρισισ (krisis) signifie "choix". Aujourd'hui, notre société est confrontée à un choix. Non pas uniquement de choisir la vie (Dt 30), mais de choisir de mettre ou non au centre la relation.

Un lien organique

Car comme le dit l'apôtre Paul, nous sommes le corps du Christ. Nous le peuple de Dieu, les habitants de cette terre, de cette société helvétique du XXIe siècle. Et si nous ne faisons pas attention à l'autre, nous allons dans le mur: Si une partie du corps souffre, toutes les autres souffrent avec elle ; si une partie est honorée, toutes les autres s'en réjouissent avec elle. Or, vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps. (1 Co 12, 26-27) A la fois, nous pouvons jouir de la diversité du corps, diversité de regards, de cultures, et à la fois, nous dépendons des autres. En fait, la métaphore du corps montre bien le lien organique qui nous relie les uns aux autres. Et peut-être que cela ne concerne pas uniquement les chrétiens...

Dès lors, notre société a plus que jamais besoin de témoins de l'Evangile qui remettent la relation au centre, qui prônent ces valeurs d'altruisme, de service, d'amour du prochain, comme un certain Frère Roger l'a fait, comme tant d'autres, qui permettent de susciter des vocations pour changer le monde (et l'Eglise, mais cela est une autre histoire encore! ;-)... Car comme l'a dit le pasteur Jean-Marie Thévoz, dans la 2e partie de la prédication (qui a suivie la mienne), "pour susciter des vocations, il faut des témoins, des témoins d'une Eglise vivante, d'une Eglise qui fait envie. Nous faisons partie du corps du Christ, unis par le même baptême et le même Esprit. Nous sommes ses témoins, les témoins du Christ ressuscité à Pâques, les témoins d'une bonne nouvelle; nous sommes ses envoyées aujourd'hui au côté de Jérémie Ramelet. Partons ensemble vivre et témoigner de cette bonne nouvelle."

Quelle est ta vocation ?

Et vous, à quoi êtes-vous prêt pour vous engager pour ce monde ? quel appel, quelle vocation pouvez-vous discerner en vous? Ce serait beau que nous puissions avoir un partage dans les commentaires sur notre(s) vocation(s)... Car j'en suis convaincu, nous avons tous une vocation. Encore faut-il la discerner et la mettre en pratique... Engagez-vous, qu'ils disaient!

* = je reviendrai sur ce sujet dans un prochain billet.

samedi 20 avril 2013

Le gospel encore bien vivant

4 mois après, la flamme du gospel subsiste. Une rencontre du choeur des jeunes de l'EERV hier a permis de s'en rendre compte. Que c'est beau de chanter ensemble! Vivement le samedi 7 septembre (jour de la fameuse JEERV) pour le culte de consécration où j'aurai la joie, je l'espère, d'être consacré avec dans le culte les chants de cette fine équipe! C'est un beau fruit que ce choeur et que toutes les personnes qui y trouvent leur place. Simplement beau. Simplement l'Evangile.


En attendant, cliquez ici pour visionner le clip pour vous partager cette expérience géniale! Réservez d'ors déjà les 29-30 nov et 1er décembre 2013 (week-end à Crêt-Bérard et concert à Lutry le dimanche soir), ça va être de la bombe!