mardi 27 août 2013

J+S: construire aujourd'hui les fondations de l'Eglise de demain

Parfois, je me demande où, en tant qu'Eglise, on va. Dans le mur? dans les fraises? Dans les courges (où cours-je?)? Bien sûr, l'Eglise va au devant d'un énorme défi pour ce XXIe siècle, mais comment aujourd'hui construire les fondations solides l'Eglise de demain ? Pour moi, deux points sont essentiels: premièrement, comme j'aime à le répéter, l'Eglise du futur sera oecuménique ou ne sera pas. L'oecuménisme n'est pas une option possible. C'est le chemin. Et deuxièmement, l'Eglise doit continuer à soigner sa démarche de qualité. D'une part en soit, et d'autre part pour que ceux qui n'ont plus la culture chrétienne et ecclésiale voient les préjugés infirmés.

Garantir une crédibilité

C'est dans cette optique que je me suis rendu à Collans (sans collants, que je laisse à ma femme) en Ardèche pour suivre le deuxième niveau de la formation "jeunesse et sport" (chef de camp). Cette formation éclaire mon propos à trois niveaux. Premièrement, J+S est un label (sans la bête, hein Fafa?), label qualité, reconnu par tous, et y compris - surtout - ceux qui se situent hors de l'Eglise. Donner un label qualité à nos camps est aussi une manière de crédibiliser (parfois recrédibiliser ou parfois continuer à donner de la crédibilité à) nos activités, c'est essentiel! Montrer qu'à l'Eglise, on se préoccupe aussi d'avoir un esprit sain dans un corps sain. Ne sommes-nous pas, comme dit l'Apôtre Paul, le Temple du Saint Esprit? Vous savez sûrement que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Eh bien, si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu détruira le coupable. Car le temple de Dieu est saint, et c'est vous qui êtes son temple. (1 Co 3,16-17)


Les défis de l'unité et de l'intégration des jeunes

En outre, l'Eglise du XXIe siècle doit affronter deux défis majeurs : d'une part, la question de l'unité (oecuménisme) et d'autre part le mélange ecclésial entre jeunes et vieux.

D'une part, donc, nous devons construire une Eglise encore plus unie avec nos frères et nos soeurs d'autres confessions, tout en respectant les différences de chacun. Vivre la communion des différences tout en les respectant, voilà en gros ce que je disais dans mon mémoire. Ne pas chercher à se détruire, à s'engloutir les uns les autres, mais à vivre ce témoignage commun pour lequel Jésus prie: que tous soient un (...) afin que le monde croie! (Jn 17,21) Ces formations de jeunes accompagnant de camps (JACK), oecuménique dans notre canton de Vaud, sont me semble-t-il les meilleurs exemples de cette unité recherchée. A quand plus de catéchèse commune? A quand plus d'échanges, plus de communion, plus de collaboration?


La question oecuménique soulève l'autre grand défi qui attend nos Eglises: l'intégration des jeunes! Pendant cette semaine de formation J+S, beaucoup ont été dérangé par le mélanges d'âges parmi les participants. C'est vrai qu'entre jeune de 20 ans et pasteurs qui en ont au moins le double, c'est pas facile de trouver sa place. Mais en même temps, n'est-ce pas cela l'Eglise? Apprendre à collaborer, à construire ensemble grâce à la pléthore de charismes, de qualités, de compétences, d'expériences, etc.? Ce mélange ecclésial entre jeunes et vieux et l'avenir de l'Eglise. Mais est-on seulement prêt à se laisser remettre en question par l'autre? Les jeunes sont-ils prêts à bousculer les plus expérimentés? Ceux-ci sont-ils prêt à se faire "déplacer" dans certaines zones qui peuvent être plus inconfortables par leurs cadets?

Dans 20 ans, que restera-t-il de notre Eglise si nous ne faisons pas la place aux jeunes. Faire la place, cela ne veut pas dire faire appel aux jeunes pour porter les bancs ou livrer le courrier paroissial. Leur faire une place, c'est leur confier des responsabilités, comme celle d'un camp. Mais pour cela, nous devons amorcer la pompe, et cette formation "jeunesse et sport" en était la première étape. A vous de relever le défi!

(Photos illustratives en attendant les photos de la semaine passée!)