dimanche 13 avril 2014

"Jésus, le Seigneur des Rameaux : un ami dans les difficultés…" (prédication des Rameaux 2014)

Parler de la trilogie du Seigneur des Anneaux au culte des Rameaux (tiens ça rime)… Non mais… quelle mouche a bien pu piquer le jeune pasteur de la région qui vient célébrer ce culte ? « Le Seigneur », jusque là on est d’accord d’en parler au culte, mais « des anneaux »… Des anneaux… olympiques ? on en a déjà bien assez parlé avec les JO de Sotchi, c’est bon, matinenant, on peut passer à autre chose. Des anneaux… Ah nos ancetres se retourneraient dans leur tombe… Aurait-il été sponsorisé par un bijoutier de la région ? L’Eglise serait-elle devenue matérialiste ? Non franchement, aux anneaux, j'dis pas HOSANNA, mais je dis « Ah non » (en anglais ça fait « ah no ! ») !

(un temps) Bon, j’espère que vous ne pensez pas cela. Ou pas tout à fait. Nous vivons
aujourd’hui une fête avec des catéchumènes en or, comme l’anneau, (un peu de cirage de pompes ça fait jamais de mal) mais au mal, justement, ces jeunes seront confrontés dans leur vie – et le sont déjà –, ce mal omniprésent dans la trilogie. Oui je sais, c’est pas très sexy comme thème, le mal (le mâle déjà beaucoup plus, n’est-ce pas mesdemoiselles ?). Mais le mal est là, dans notre monde, sans trop qu’on sache pourquoi. Ecoutons ce que nous dit la Bible sur la genèse du mal.

Lecture 1* : Genèse 2, 15-17 & 3, 1-6

Au début, tout était bien. Beau. Verdoyant. Comme un Paradis. Comme le début du Seigneur des Anneaux, dans la verdoyante Comté. Mais dès le début, le mal est présent, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment, mais il l’est par ce serpent qui surgit pour inviter l’homme à transgresser cet interdit. Le serpent, il ment et il divise, il sépare les humains de leur origine divine, et les conduit dans la tentation. 

Dans le Seigneur des Anneaux, ce n’est pas un serpent qui personifie le mal, mais Sauron, qui par la tromperie et l’abus, fabrique un anneau pour dominer tous les autres anneaux ainsi que leurs porteurs. Ainsi le mal entre dans le monde par cet anneau et la fascination qu’il exerce sur les personnages: l’anneau séduit les hommes et leur fait perdre la raison… L’anneau isole son porteur et détruit les relations autour de lui. Il pousse l’humain à se replier sur lui-même et sur la seule possession de l’anneau, qui devient son seul prrrrrécieux. L’anneau représente la tentation de la toute-puissance, comme le fait le serpent dans la Bible.

[aller chercher l’anneau et le montrer] L’anneau, dans le film, c’est le mal. C’est un symbole de tout ce qui nous sépare de notre humanité profonde, de tout ce qui nous sépare de Dieu, de tout ce qui nous empêche d’être simplement bons. L’anneau, c’est, en termes théologiques, le péché, qui fait que nous ratons la cible, que nous n’arrivons jamais à être aussi parfaits que nous le souhaiterions. Ce mal, il est autant en nous qu’en dehors de nous comme ous l’avons cette semaine encore avec le tragique décès de ce jeune à Rome avec un couteau papillon…

OK, je plombe un peu l’ambiance, je vous le concède.  Mais face au mal, que sommes-nous appelé à faire ? Dans le film, tout le monde est d’accord pour détruire cet anneau maléfique. Tout le monde sort son épée [sortir l’épée] mais mais même la grande épée d’Anduril n’y fait rien, l’anneau est toujours là.  Pour le détruire, il faut aller à la montagne du destin et traverser les plaines dévastées par les créatures maléfiques. Alors, qui est prêt à le faire ? Personne. Seul un petit être, un hobbit, va le porter et tenter de le détruire.

Face au mal, l’épée ne nous est donc pas d’une grande aide. Alors qu’est-ce qui peut nous aider face à ces difficultés ? Ecoutons ce que nous dit Jésus quand nous traversons des épreuves face au mal.

Lecture 2** :  Matthieu 11, 28-30

Des fardeaux, nous en avons tous, tôt ou tard. Le fardeau de Frodon, c’est de porter l’anneau. Les notres de fardeau sont différents, mais tout aussi pesant : fatigue, stress, pression, séparation, deuil, etc. qui mènent si souvent au burn-out. Venez à moi, dit Jésus, et prenez sur vous mon joug. Mon joug est facile à porter et mon fadeau léger. Le joug, c’est ce qu l’on posait sur les bœufs, comme un grand collier. Et ce que j’ai appris, c’est que le joug était fait pour deux. En fait, face à nos difficultés, Jésus nous propose donc de porter le joug avec lui. Oui Jésus ne nous abandonne pas, même dans nos moments difficiles où nous sommes si fatigués et chargés.

Tiens, cela me fait à cette histoire bien connue des pas dans le sable que vous connaissez peut-être…

Une nuit, un homme fit un rêve.
Il rêva que juste après sa mort, il s’était retrouvé sur une plage, au bord de la mer, auprès de Dieu. Celui-ci lui proposa de passer en revue sa vie. Sur le fond du ciel, en effet, il voyait se dérouler les scènes de sa vie : la naissance, le baptême, l’enfance, le mariage… Il remarquait, dans toutes ces
scènes, deux traces parallèles de pas dans le sable.
- Je vois que pour tous ces moments de joie dans ma vie, tu étais là, à mes côtés
- Oui, je t’accompagnais, lui répondit le Seigneur.
Puis vinrent les moments difficiles de sa vie, ses périodes sombres : la perte d’un enfant, le divorce, la solitude, et même le chômage… Et là, il ne voyait qu'une trace de pas. L’homme se mit en colère contre Dieu :
- C’était les moments les plus dur de ma vie, et tu faisais quoi ? Tu m’avais abandonné ou quoi ?
- Non, mon enfant, je ne t’avais pas abandonné, lui répondit le Seigneur, tu sais bien que Je t'aime et que je ne pourrais jamais t'abandonner. Si tu ne vois qu'une trace de pas aux moments les plus difficiles de ton existence, c'est qu'alors, tout simplement, c’est moi qui te portais dans mes bras... 

Dans le film, ce qui fait la différence face à aux difficultés, face au mal, ce n’est pas l’épée, c’est l’amitié. Au pied de la montagne du destin, à quelques centaines de mètres du lieu où l’anneau du mal peut enfin être détruit, après des semaines de périple, Frodon n’en peut plus. Il n’a plus de force pour porter ce fardeau qu’est l’anneau. Et son ami, Sam, prononce alors cette réplique qui m’a marqué: « Je ne peux pas porter l’anneau, mais je peux vous porter ». De la même manière, Jésus ne peut pas gommer nos anneaux de souffrances et d’épreuves, mais là encore, dans nos moments difficiles, il peut nous porter.

Alors Jésus, vous l’aurez compris, c’est non pas le Seigneur des Anneaux, mais le Seigneur des
Rameaux ! C’est cet ami qui nous aide à faire face à nos difficultés, comme sur cette icône que j’aime beaucoup. Regardez la main droite de Jésus qui se pose sur l’épaule de son ami en geste de soutien. Oui son joug est facile à porter, facile comme un collier de fleurs que je vous remets, chers jeunes, pour votre vie à venir. Par ce collier, rappelez-vous toujours de Sa présence, qui donner de la force et des couleurs quand tout est gris autour de vous, comme dans le Mordor. Chers catéchumènes, je vous invite à vous lever [don des colliers de fleurs]

ENVOI (debout) : L'histoire du Seigneur des Anneaux commence par une fête. Pour vous aussi, chers catéchumènes, vous célébrez aujourd’hui une grande fête. Vous êtes des Hobbits, des Sam, des Frodon. Vous ne savez pas encore ce qui vous attend sur votre chemin, mais vous vous engagez courageusement, pour suivre les pas du Christ, notamment pour certains en devenant JACK (Jeune Accompagnant de Camp de KT). La voix de Gollum, du tentateur, ou du Seigneur des Anneaux, va parfois venir vous empêcher de dormir devant des choix de vie. Face à ces tempêtes, n'hésitez pas à faire appel au Seigneur des Rameaux, Jésus, cet ami qui, à la manière de Sam pour Frodon, sera toujours là dans vos difficultés, vous portera quand vous en aurez besoin !


Placez donc votre confiance en Jésus le Christ, et lui, le Sauveur, sera là pour vous. Lui le Seigneur… des Rameaux !

AMEN
Prédication prononcée à Pully-Prieuré le 13 avril 2014


* Genèse 2, 15-17 & 3, 1-6
15Le Seigneur Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. 16Il lui fit cette recommandation : « Tu peux manger les fruits de n'importe quel arbre du jardin, 17sauf de l'arbre qui donne la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (...) 1Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que le Seigneur avait faits. Il demanda à la femme : « Est-ce vrai que Dieu vous a dit : “Vous ne devez manger aucun fruit du jardin” ? » 2La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger les fruits du jardin. 3Mais quant aux fruits de l'arbre qui est au centre du jardin, Dieu nous a dit : “Vous ne devez pas en manger, pas même y toucher, de peur d'en mourir.”  » 4Le serpent répliqua : « Pas du tout, vous ne mourrez pas. 5Mais Dieu le sait bien : dès que vous en aurez mangé, vous verrez les choses telles qu'elles sont, vous serez comme lui, capables de savoir ce qui est bon ou mauvais. »
6La femme vit que les fruits de l'arbre étaient agréables à regarder, qu'ils devaient être bons et qu'ils donnaient envie d'en manger pour acquérir un savoir plus étendu. Elle en prit un et en mangea. Puis elle en donna à son mari, qui était avec elle, et il en mangea, lui aussi. 

** Matthieu 11, 28-30
28« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. 29Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. 30Le joug que je vous invite à prendre est facile à porter et le fardeau que je vous propose est léger. »