lundi 27 octobre 2014

Un matin de résurrection à Vaumarcus

Parfois dans le ministère, il faut simplement vivre le moment. Le KAIROS, moment opportun qui se présente à nous. Purement et simplement.

Je l'ai vécu en camp de KT la semaine passée à Vaumarcus. Un camp qui commence à être bien rodé, sur un thème fort: "naître, vivre, mourir, ressusciter...?". Faire une place aux questions existentielles pour ces jeunes qui n'ont pas le temps de se les poser, parler de la mort dans notre société où celle-ci est devenue taboue (TA boue !), et partager avec les jeunes notre espérance chrétienne de la résurrection! On est vraiment au coeur de la vie...

Un matin de résurrection

Et pour parler de la résurrection, justement, nous essayons de vivre un matin de résurrection nous avons l'habitude de nous déplacer dans un refuge pour entendre un témoignage de "résurrection" personnelle puis nous allons vivre une célébration "pascale" autour du feu de la résurrection devant lequel nous déposons symboliquement nos cailloux, nos poids, et dans lequel nous brulons notre lettre à la mort que nous avions écrite le jour d'avant. Comme sur cette belle photo de 2012, le feu nous rappelle la lumière de Dieu dans nos obscurités et l'espérance de la résurrection par le jour même qui se lève, comme dans ce refrain de Genèse 1: "il y eut un soir, il y eut un matin, Xe jour"...

Un témoignage poignant qui se termine en joie pascale

Cette année, j'avais encore invité mon frère catholique Vincent pour nous témoigner de sa résurrection personnelle, moment qui est un peu le point d'orgue du camp. EN deux mots (écouter le podcast de l'émissions religieuse "A vue d'Esprit" de la RTS ici pour plus d'infos) Vincent a vécu une expérience de mort imminente qui l'a fait changer de vie, lui qui vivait à 200 km/h et qui était en colère contre Dieu. Une seconde vie qu'il met à profit des autres en étant devenu prêtre et en s'engageant pour 1000 projets (voir son site internet), bravo! Il a su transmettre sa foi et ses valeurs, sa façon de lire les signes de Dieu aussi, et cela a beaucoup touché les catéchumènes...

Puis, après ce beau temps de témoignage, nous devions aller autour du feu pour célébrer ensemble, mais...

Mais manque de bol, trop de vent, trop de pluie, nous ont empêchés de faire ce feu. Nous sommes donc allés déposer, que dis-je lancer, les cailloux (nos poids) dans la forêt. Et là, avec le seul flambeau qui me restait dans mon matos de camp, j'ai eu envie de célébrer, là dans la forêt! Après avoir proclamé la résurrection, nous avons donc commencé à chanter! Chanter, oui, mais il fallait brûler les lettres à la mort que nous avions écrites... Nous sommes donc repartis vers le refuge (et son poêle) en chantant ("une flaaaaaaamme en moaaaaaa..."). Les JACKs ont rapidement commencé à chanter "Toi qui disposes" (version gospel), et en arrivant au refuge, à la mode gospelienne (ou quand mon passé de "capo" de supporter de foot refait surface ;-), avec un soliste et la foule qui lui répond, nous avons chanté dans un délire aussi inattendu qu'approprié. Jugez plutôt.

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Un délire approprié

Approprié, oui, car à Pâques, nous fêtons la résurrection, comme cette nuit-là nous avons fêté la résurrection avec cette joie délirante, pascale en somme. C'est cette espérance, cette joie, cette lumière qui nous fait avancer dans notre vie qui parfois peut sembler bien sombre. Et ça fait du bien!

Oser se laisser bousculer

Cette "aventure" me rappelle combien il est important dans nos vies de saisir le moment qui nous est donné. Parfois, cela nous emmène loin de tout ce que nous avions prévu à la base. Mais dans notre société où nous avons tout le temps besoin de tout maîtriser, cela ne nous fait-il pas du bien d'oser se laisser bousculer ?

dimanche 12 octobre 2014

Prédication narrative : " Dieu m’appelle..."

Jérémie 1,4-10

Matthieu 4, 18-22

Prédication

Résumé: Jéré rencontre son ami Jack au pub. Il est à la bourre. Jéré lui parle de son expérience hors du commun au saut du lit. Jack lui parle de cet homme qui a appelé son frère et ses amis pêcheurs.

Purée, mais c’est pas possible.  J’y crois pas. Pas à moi, ah non pas ça… Pardon, vous pouvez me pincer pour que je vérifie ? Aïe… Oh non, c’est pas rêve. Oh purée… Vous avez l’heure ? quoi, déjà ? Oh non, je suis encore à la bourre pour aller prendre l’apéro avec ce brave Jack. Le pauvre, il doit m’attendre impatiemment au café des amis. Rha… Faut qu’j’me grouille...

Salut mon pote Jack avec qui je touche… le Jack pote ! Mouarf, c’est pas la première fois qu’on te la fait, hein ! Check man (pam pam tchiii). Tu as déjà pris un verre, d’après ce que je peux voir. Allez, tchin, à la tienne ! Aaaaah, ça passe bien… Si j’vais bien ? Alors ça, tu pouvais pas poser une question plus pertinente. Ecoute, mon pote, faut que j’te cause d’un truc qui m’est arrivé c’matin au réveil. Un truc de ouf, j’te jure sur la tête de ma meuf et de ses chères bottes de pluie jaunes. J’ai cru que j’avais halluciné, mais non c’était vrai. T’sais quoi, mec ? C’ matin, y a Dieu qui m’a causé, à moi, petit Jérémie de rien du tout. J’te jure, c’est malade. Ouais, comme tu dis, trop grave hallucinant, quoi. Quoi ? toi aussi il t’est arrivé un truc de fou ? attends, attends, je raconte d’abord, pis après toi, ok mec ?

Alors ce matin j’étais peinard dans mon pieux, à me glandouiller tranquillos en profitant de la grasse mat’ du dimanche pour jouer sur mon tout dernier Niphone 6, quand tout à coup, j’sais pas pourquoi, j’ai eu envie de prier. Ouais mon Jack, ça va te paraître malade, mais j’ai ressenti comme un appel. Alors j’ai prié. J’ai prié simplement, en fermant les yeux et joignant les mains. [musique 1 : oh lordhear my prayer] Et là, truc de fou mec, j’entends la voix de Dieu qui s’adresse à moi. « Jérémie, Jérémie, je te connaissais avant même de t'avoir formé dans le ventre de ta mère, qu’il me dit, je t'avais mis à part pour me servir avant même que tu sois né. Et je t'avais destiné à être mon porte-parole auprès des nations. » Pfff… Moi j’y croyais pas, c’était pas possible, pas moi ! Esaïe ou Moïse, passe encore, mais pas moi. « C’est pas possible, Seigneur, tu te gourres. Moi Seigneur, tu sais, j’suis un gamin, je suis trop jeune pour parler en public. J’saurais pas comment faire. Non j’y arriverai pas. Et puis comment faire pour te servir, Seigneur ? Moi j’suis pas un rat d’église, tu me connais. » Mais le Seigneur m’a répondu : « Ne t’inquiète pas, Jéré, tu vas gérer. Ne dis pas que tu es trop jeune… » Avec cette phrase c’est comme si je sentais que ma jeunesse pouvait être une force… « Tu iras voir tous ceux vers qui je t'enverrai », qu’il a continué, « et tu leur diras tout ce que je t'ordonnerai. » « Qu’est-ce que tu veux dire par là, Seigneur ? j’ai peur… » « Jérémie, n'aie pas peur d'eux, car je suis avec toi pour te délivrer. » Voilà ce que le Seigneur m’a dit. Il est avec moi pour me délivrer. A la fin de ma prière, j’ai senti comme une présence, comme si on touchait ma bouche. « C'est toi qui prononceras mes paroles, j’ai encore entendu. Tu vois, aujourd'hui je te charge d'une mission, qui concerne les nations et les royaumes : tu auras à déraciner et à renverser, à détruire et à démolir, mais aussi à reconstruire et à replanter. »

Truc de ouf, hein ? J’en reviens toujours pas. Comment moi, petit Jéré, je peux être le porte-parole de Dieu ? Comment moi, petit Jéré, du haut de mes 17 ans, avec ma maigre expérience de vie, comment moi je peux le servir, lui le Big Boss, qui est encore plus fort Chuck Norris ? Et comment je peux, avec la faible force qui est la mienne, déraciner et renverser, détruire et démolir, mais aussi reconstruire et replanter ? Purée, c’est un sacré programme, ça, peut-être le programme de toute une vie…  (silence) Hein, ça te laisse pantois, hein mon Jack… Moi serviteur du Seigneur, moi le suivre ? j’y crois pas, j’y crois pas.

Pourtant, il m’a choisi, oui tu as raison de dire ça. Il m’a choisi, moi, avec mes forces et faiblesses, mes outils, mon ballon de foot et ma brosse à dents. C’est lui qui a pris l’initiative, c’est lui qui est venu me chercher. Et moi, je m’sens libre, de lui dire OUI ou NON, de le suivre ou non. Je suis libre de mettre mes qualités à son service, pour le plus grand bien. Si j’ai pas peur ? Mais tu rigoles ? Je suis mort de trouille. Mais Dieu m’a fait cette promesse d’être présent avec moi et de m’accompagner dans l’aventure de la vie, avec tous les risques que je vais prendre. Tu sais, franchement,  Jack, j’ai peur aussi de ne pas être à la hauteur… Quoi, qu’est-ce que tu dis, Jack ? Dieu donne les capacités à celui qu’il envoie au moment où il en a besoin ? Ouais, t’as p’t-être raison, c’est peut-être d’abord une question de confiance.

[Musique 2 : JackSparrow] Oui Jack, tu as raison ! Je dois balayer mes peurs et oser dire OUI à ce projet de vie qu’a le Seigneur pour moi. Je dois oser me lancer. Oser répondre à cet appel qui m’est donné, à moi Jérémie, 17 ans, bien fragile et peureux, mais avec la confiance et l’assurance que le Seigneur est avec moi sur mon chemin de vie. Oser aujourd’hui prendre ma vie en main et affronter mon destin. Oser cela même si c’est pas forcément la voie la plus facile que je puisse prendre…  Oser déraciner et renverser, oser détruire et démolir, mais aussi oser reconstruire et replanter, avec mes frères et sœurs dans la foi, oser construire une société plus juste et avec plus d’amour les uns pour les autres. Oser cela même si cela demande d’être parfois à contre-courant dans notre société qui s’occupe plus du matériel et de la consommation que de l’humain. Oser avec nos valeurs de respect et de fraternité, planter les graines d’une meilleure société. Dis Jack, tu ne voudrais pas oser avec moi et te joindre à moi pour cette folle aventure, des fois qu’on pourrait changer le monde ensemble, au lieu de faire pêcheur comme toute ta famille ? Ouais, j’sais, tu te dis que je suis un peu rêveur, mais tu sais, c’est de mon âge, comme disent les vieux. Mais si on rêve pas d’un monde meilleur à 17 ans, quand le fera-t-on ?

Quoi, comment ça tu peux pas rejoindre ma folle aventure ? qu’est-ce que tu racontes ? Tu as décidé
de t’en aller, de tout quitter ? C’est pas vrai… Mais pour aller où ? avec qui ? Quoi ? Jésus ? c’est qui ce mec ? Quoi ? Il est passé près de vous au bord du lac et vous a dit : « Venez avec moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Des quoi ? Des pêcheurs d’hommes ? c’est quoi ce charabia ? C’est arriver à convaincre, influencer des personnes pour qu’elles le suivent ? Euh… ouais… Quoi ? Pour d’autres ce sont des hommes qui aident des personnes à donner un sens à leur vie pour les emmener vers d'autres horizons, les faire évoluer et en quelque sorte leur rendre la vie meilleure ? Oui, ça me parle. Si je comprends bien, on pourrait aussi dire que c’est ainsi avec les camps de KT dont mon pote Spot parlait l’autre jour. Nous pouvons découvrir (faire connaître) notre filet à des KATQM par exemple en leur dévoilant un bout de notre filet, de ce qui compte pour nous, notre foi, nos croyances, nos valeurs et nos convictions, en leur mettant l’eau à la bouche pour donner du sens à leur vie…

[musique 3 : manymeetings] Alors tu as décidé de suivre ce nobody, ce Jésus, comme ça… Eh ben mon gars…Mais bon, d’accord, Jack, je lâche prise. Peut-être en effet que nous avons chacune, chacun à suivre notre vocation, notre appel, quel qu’il soit, dans la confiance que Dieu sera avec nous sur notre chemin. Et cela même si nous ne comprenons pas tout. Suivre Dieu, suivre Jésus, car il a un projet de vie pour nous. C’est vrai.

(se lève) Alors mon pote JACK, je dis OUI, j’acquiesce. OUI au projet de Dieu pour nous. Oui ! Et maintenant, c’est à chacune et chacun de tendre l’oreille pour entendre le projet de Dieu pour lui ou pour elle ! Quel sens donner à ma vie ? quelle vocation pour ma vie ? à quoi suis-je appelé ? qu’est-ce que je veux faire de ce cadeau qu’est ma vie ? Ouais, tu as raison, Jack, ce sont de sacrées questions. Mais peut-être deviendront-elles moins lourdes et plus sacrées si nous nous mettons à l’écoute de la voix de Dieu qui s’adresse à nous personnellement.

Car je le crois, mon cher Jack, nous ne sommes pas les seuls à qui Dieu parle. Il nous parle à travers la prière, comme ce fut le cas, pour moi petit Jéré, il nous parle à travers les hommes et les femmes qu’il place sur notre chemin, comme pour toi Jack, il nous parle par sa Parole, la Bible, et par d’autres moyens encore, détournés, discrets, comme un souffle fragile.

Alors… quelle est ma vocation, quelle est ta vocation ? Pasteur ou diacre, peut-être, mais pas forcément. Je suis, tu es, d’abord serviteur du Seigneur avec mes forces et mes faiblesses, mes joies et mes peines, dans le projet de vie qu’il a pour moi.


Car la bonne nouvelle de ce matin, mon cher Jack, c’est que Dieu a un projet pour chacune et chacun d’entre nous ! Alors cher Jack, et vous tous qui êtes là ce matin autour de nous, dans ce café des amis, je vous invite à trinquer ! OUI trinquons ensemble, trinquons à la vie, et à la vie avec Dieu ! 
AMEN.
(prédication dite à Lutry le 12 octobre 2014)

vendredi 3 octobre 2014

Dans une société post-68 individualiste, retrouver le collectif

Ce matin, Georges-André Carrel, grand entraineur de volleyball (du LUC notamment), fils de pasteur et humaniste convaincu, est venu nous parler - aux ministres de l'EERV - lors de la journée Tremplin 6. L’occasion de tirer ensemble des parallèles entre la vie d’équipe, sportive, et la communauté ecclésiale, paroissiale notamment, avec comme mots-clés de sa vie: passion, plaisir, humilité-doute, changement, innovation, termes qui ne peuvent que nous parler dans un contexte ecclésial difficile qui doit nous pousser à réinventer. L’occasion aussi de rappeler l’importance du collectif et de la communauté que l’apôtre Paul avait bien mis en exergue avec la métaphore du corps.

Au nom de la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun d’entre vous : n’ayez pas de prétentions au-delà de ce qui est raisonnable, soyez assez raisonnables pour n’être pas prétentieux, chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée en partage. En effet, comme nous avons plusieurs membres en un seul corps et que ces membres n’ont pas tous la même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps en Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et nous avons des dons qui diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée. Est-ce le don de prophétie ? Qu’on l’exerce en accord avec la foi. L’un a-t-il le don du service ? Qu’il serve. L’autre celui d’enseigner ? Qu’il enseigne. Tel autre celui d’exhorter ? Qu’il exhorte. Que celui qui donne le fasse sans calcul, celui qui préside, avec zèle, celui qui exerce la miséricorde, avec joie. Que l’amour soit sincère. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection ; rivalisez d’estime réciproque. D’un zèle sans nonchalance, d’un esprit fervent, servez le Seigneur. (Romains 12,3-11)

Le tournant, dont part G.-A. Carrel, c'est Mai 68 : d'une société du devoir, nous basculons dans une société de tous les droits (trop ouverte), avec un immense désir de liberté qui équivaut souvent à des repères insuffisants. Pour le sport, on passe du "sport associatif" au sport individuel avec l'apparition de tous les nouveaux sports "fun" (snowboard, Bmx, etc.) pour sortir de ce "carcan" des sports associatifs, pour vivre la liberté individuelle ! Dès lors, repenser le groupe, l’équipe, est devenu nécessaire. Il a fallu écouter les jeunes, ce qu’ils voulaient, leurs besoinsCela résonne en moi: l'Eglise d'aujourd'hui n’est-elle pas ce lieu « collectif » où l’individu ne peut plus aller cas il se sent enfermé, sans liberté ? Ne doit-on pas à nouveau nous mettre à l'écoute des besoins des gens ? 


Permettre à l'autre de se réaliser, aux talents d'éclore

Car le pasteur, comme l'entraineur, nous rappelle Carrel, doit chercher au fond à créer un environnement de réussite pour permettre à l’être humain de se réaliser, et non pas viser la très à la mode "excellence". Ainsi dans l'apprentissage, dans le chemin de réalisation de soi sur lequel le ministre accompagne ses paroissiens, le rythme est différents chez chacun et il est donc essentiel de le respecter. Par l'attention à l'autre, le coach, idéalement, cherche donc amener des gens vers le meilleur d’eux-mêmes. Le coach, en bref, doit permettre aux talents d'éclore. Entendant cela, je ne peux m'empêcher de penser : n'est-ce pas là notre vocation pastorale ?

Vivre en équipe pour trouver un équilibre

Mais ce n'est pas tout. M. Carrel souligne que "dans ce monde d’individualisme, il faut apprendre à vivre en équipe pour trouver un équilibre." Grâce à la pluridisciplinarité, grâce à l'apprentissage par le jeu, oser faire confiance, oser, et surtout laisser le droit à l’erreur. En Eglise également, nous devons retrouver un équilibre entre d'une part la joie, le divertissement, l'élan vital, la spontanéité, l'improvisation, la créativité, l'innovation, la liberté, le rêve, etc. (toutes les valeurs post-68) et d'autre part l'engagement, l'application, la compétition, la fermeté, la rigueur.

Adhérer aux rituels

Alors justement, un petit peu comme avec le "fresh expressions of church" ou les églises de maison qui vont chercher l’individualité, notre défi ecclésial moderne se situe peut-être au niveau de cette question : comment lier l’individualité à la collectivité? G.-A. Carrel nous parle des rituels, valeurs, de charte. Car pour bien vivre "en équipe", en communauté donc, il est essentiel d'adhérer pleinement au projet commun. "Pour qu’une équipe fonctionne, il faut qu’on adhère au rituel !" Oui mais, pour nos paroisses, cela veut dire quoi ? Cela veut-il dire, comme me l'a confié mon collègue Tim, avoir "une liturgie enracinée, belle et accessible, célébrée avec le cœur et le corps, et non pas uniquement intellectualisée"? C'est une piste... 

La pyramide du coach et du pasteur

Et Carrel d'enchaîner sur sa "Pyramide stratégique":
Mission : pourquoi nous existons
Vision/rêve : ce que nous vouons être
Valeurs : ce à quoi nous croyons
Orientations stratégiques : ce sur quoi nous voulons nous concentrer
Obejctifs : ce que nous voulons atteindre
Action : ce que nous avons à faire
Indicateurs de performance : comment nous saurons si nous avons réussi

Partir du pourquoi, puis communiquer notre passion, nos valeurs. Car GAC nous l'a répété: un pasteur ranime l’esprit intérieur. Albert Schweizer l'a dit avec ses mots: « Dans toute vie, à un certain moment, notre feu intérieur s'éteint. Il est ensuite rallumé par une rencontre avec un autre être humain. Ceux qui raniment l'esprit intérieur méritent notre profonde gratitude. » A nous d'être ces êtres qui peuvent rallumer le feu. N'est-ce pas là, à nouveau, notre vocation ?

« Si tu veux des résultats durant l’année, sème de graines. Si tu veux des résultats durant 10 ans, plante un arbre. » (Kuang Chung Tzu) Si tu veux résultat durant la vie, développe des hommes.

Pour terminer, M. Carrel a partagé cet hymne à la joie collectif comme une belle métaphore de la vie. Par les autres, par le collectif, nous pouvons nous renforcer les uns aux autre notre appétit de vie ! Cette vidéo en est une parfaite illustration : n’ayons pas peur du nouveau, le neuf ne nuit pas à l'harmonie du tout, il la dynamise ! Alors osons le collectif, osons l'innovation, osons afficher notre passion, tout en conservant cette humilité essentielle!