jeudi 25 décembre 2014

Noël ensemble à la radio

Malgré tout ce que l'on dit sur le monde dans lequel nous vivons, malgré la course aux cadeaux - qui dans mon entourage s'est un peu calmée... avant de reprendre de plus belle pour mon fils Elie e 10 mois -, malgré les tensions qui peuvent apparaître lors des repas familiaux ou les absents qui se font ressentir de manière plus forte encore, Noël reste une fête magnifique. Lumineuse. Ou quand les couleurs de Dieu se mêlent à celles des humains...


Alors dans la foulée du billet de Jacques-Andre Haury qui nous exhorte à cesser de se lamenter sur Noël, j'aimerais partager avec vous ma joie, celle de la venue de Celui qui est la vraie Lumière. Gloria, gloria, in excellais deo, Alléluia!

Noël spécial cette année

Cette année, Noël fut un peu spécial pour deux raisons. D'abord parce qu'avec un fils de 10 mois qui vivait son premier Noël, cela change tout. Nous retrouvons l'émerveillement de son enfance, en partie en tout cas. Je n'oublierai pas son regard fixé sur les bougies du sapin, comme hypnotisé... et sa joie toute communicative avec son xylophone en bois reçu de sa grand-mère! 


La seconde raison, c'est que nous célébrions, mon collègue Spot et moi, les cultes du 24 et 25 décembre à Lutry, dans sa longue tradition de jeu scénique, avec en plus le 24 (déc) à 23 (h) un culte de longue veille retransmis sur la RTS. Une belle aventure mais qui, pour un genre littéraire si complexe, s'est révélé bien entendu très ardue, notamment pour la question du timing. A chaque répétition, on nous disait "vous êtes trop long, faut encore raboter un peu". Au final, évidemment, nous étions un peu short, ce qui nous a permis de chanter 2x les 4 strophes du cantique final pour permettre la sortie avec la désannonce du journaliste. ;-) 

Le podcast du culte


Au-delà de l'anecdote, ce fut une belle aventure en paroisse, mais aussi en famille, puisque Sylvain et Alice avaient accepté de jouer dans cette pièce, dont le rôle principal pour mon "petit" frère. Une joie de le voir ainsi, jouer et transmettre des émotions. D'ailleurs un paroissien me hèle à la sorte en me disant: "C'est votre frère? Mais vous avez des talents d'acteur dans la famille..." En lien avec cela, cette expérience a fait aussi ressurgir toute une réflexion que j'aimerais mener - un jour - sur pastorat et théâtre, sur célébrant et acteur. Tout un programme...

Bref, je rends grâce à Dieu pour cette expérience et pour cette année 2014 qui s'achève: quelle année ce fut ! Tellement de joies, de rencontres, de moments de partage. Merci d'avoir croisé ma route cette année et que Dieu vous garde jusqu'à notre prochaine rencontre...

May the road rise up to meet you.
May the wind be always at your back.
May the sun shine warm upon your face;
the rains fall soft upon your fields 
and until we meet again, 
may God hold you in the palm of His hand. 

Et un Joyeux Noël à tous, avec nouvelles technologies* ou pas ! ;-)


* Vidéo de Noël 2.0 à voir absolument ci-dessous:


samedi 20 décembre 2014

Recevoir la promesse (prédication de l'Avent IV)

Textes bibliques
- Gn 18, 1-2 et 6-15
- Luc 1, 26-38

Chers frères et sœurs en Christ,

Noël c’est demain, ou presque, et un peu partout vous voyez des publicités qui promettent monts et merveilles. La lessive, ou le dentifrice qui lavent plus blanc (lancer un dentifrice et un paquet de chewing-gum),  internet au plus haut débit que partout ailleurs (lancer le prospectus), le domaine skiable des 128 vallées du soleil qui offre le plus grand domaine skiable avec, comme son nom l’indique, de la neige et du soleil (actuellement c’est pas gagné) (jeter ma carte de ski), la crème anti-ride qui ne déride pas (jeter la crème), le gel douche qui permettra de séduire cette belle femme assise au bar (jet l’AXE), la boisson sucrée qui t’ouvre au bonheur (avec son slogan « Ouvre un coca-cola, ouvre du bonheur »), ou te promet qu’il n’y a pas de sucre (en évitant de te dire toutes les autres cochonneries qu’il y a dedans) (jeter le coca zéro), etc. etc. Que de promesses vides ! D’ailleurs serions-nous au temps de « L'évangile du Coca-Cola », comme le titrait l’édito du journal REFORMES cette semaine ? N’y a-t-il plus que la consommation et le rendement immédiats qui comptent ? Qu’avons-nous fait des promesses ? Ont-elles été vidées de leur sens ? Pourtant lors de mariage ou de baptême comme ce matin, on prend des engagements, on promet encore. Mais nous le voyons dans la société, c’est difficile de s’engager, de promettre.

Mais ce matin, c’est Dieu qui nous offre sa promesse à travers les deux textes bibliques que nous venons d’entendre. Et c’est une bonne nouvelle surprenante, un évangile renversant, qui vient précisément renverser nos attentes, et nous prendre par surprise !  La première promesse qui nous est adressée, c’est celle de la fécondité. Pour Sara (et Abraham qui passe au second plan pour une fois), c’est avoir enfin un enfant, malgré son âge avancé. Et on peut avoir une petite pensée pour tous les couples qui espèrent tant un enfant qui ne vient pas… Mais Dieu nous promet que malgré les stérilités de nos vies – et il y en a des voies sans issue dans nos existences ! – malgré tout ce qui est stérile, sans fruit, sans vie, Il nous donnera la fécondité dont nous avons besoin. Quelle promesse !

La seconde promesse qui nous est adressée en ce matin de l’Annonciation, c’est celle que Dieu sera avec nous « jusqu’à la fin des jours » comme je l’ai dit dans la liturgie de baptême.  L’Emmanuel, littéralement « Dieu avec nous » que nous venons de chanter, c’est Dieu qui se fait homme, s’incarnant à Noël dans la fragilité humaine pour venir nous rejoindre dans nos fragilités et se faire proche de nous ! Ainsi c’est cette promesse de sa présence que nous recevons avec cette annonce de l’ange Gabriel à Marie. Peut-être encombrés par tous les cadeaux sous le sapin avons-nous oublié que Noël c’est d’abord la fête de ce Dieu qui se rapproche de nous pour nous dire son amour et pour nous dire sa promesse qu’il sera avec nous jusqu’à la fin des temps.

Maintenant que nous avons entendu ces deux promesses de fécondité et de présence de Dieu, la question est « comment les accueillons-nous ? » Car il n’est pas toujours facile de recevoir une promesse ! Prenons l’exemple de Sara et Marie, nos deux mères dans la foi, dans les textes que nous avons entendus. Pour la première, cette promesse est incroyable au sens premier du terme, elle n’arrive pas à y croire ! Son rire, au-delà du jeu de mot en hébreu qui explique le prénom de son futur fils Isaac, dénote l’incrédulité de Sara : c’est trop incroyable, à son âge ! Incroyable et inespéré, car après avoir tant essayé de hâter l’accomplissement de la promesse dans les chapitres précédant, elle avait laissé tombé. Cette histoire nous rappelle, devant la promesse, l’importance de la patience que notre société a peut-être un peu oublié.


Pour Marie, ce texte est comme un récit de vocation. L’ange l’interpelle, elle refuse (comment serait-ce possible ?), puis prend du recul, cherchant à pénétrer le mystère de cette révélation inattendue. Enfin dans un 3e temps, elle accepte, avec confiance et humilité. Contrairement à l’image que la tradition a pu faire d’elle, ce n’est pas une « superwoman » de la foi,  sa foi n’est pas parfaite, car son chemin passe aussi par le doute. Finalement, elle reçoit humblement la promesse qui ouvre sa vocation personnelle, son appel, au fond qui ouvre une nouvelle vie, de service et d’amour.

Et nous, comment recevons-nous ces promesses de Dieu pour nous, promesses de fécondité pour nos vies et de sa Présence sur notre chemin ? (silence) Pas facile de les recevoir, justement. Comment ne pas tomber dans le rire incrédule de Sara (« c’est trop incroyable, c’est pas possible ! », un peu comme ce que l’on se dirait avec une publicité mensongère) ? Comment ne pas objecter à l’instar de Marie : « comment serait-ce possible que Dieu soit à mes côtés toute ma vie ? Dieu, je ne le vois pas… » ? Oui recevoir ces promesses, c’est un sacré défi, pour ne pas dire un défi sacré…

Et pourtant, les anges, les messagers de Dieu – d’ailleurs n’avez-vous jamais rencontré une personne qui vous a dit une chose au bon moment ? – ces anges nous le répètent : « n’aie pas peur ! Vis avec confiance de ces promesses ! » Et la promesse de Dieu se réalisera un jour, probablement pas comme on se l’était imaginé, mais de manière détournée, renversée. N’aie pas peur et vis avec confiance de ces promesses, comme nous redit ce signe du baptême, signe de la promesse de la présence de Dieu pour nous (notamment au travers des engagements des parents et parrain/ marraine). N’aie pas peur et vis avec confiance de ces promesses! Ce qui nous apparaît comme des stérilités dans nos vies (peut-être la vieillesse ? des situations bloquées ? d’autres choses ?), eh bien elles ne le sont peut-être pas pour toujours…

Ce matin je vous invite donc, à la suite de nos mères dans la foi que sont Sara et Marie, à la confiance d’une part, et à faire quelque chose de ces promesses : les recevoir mais ne pas oublier que pour Marie, cette promesse ouvre sa vocation de service. Dieu n’a pas d’autres mains que les nôtres pour agir dans notre monde, alors faisons-en qqch de bon ! Un peu comme le baptême qui, s’il n’est pas arrosé par l’amour, la prière, l’enseignement, ne donnera pas de fruit, eh bien ces promesses ne doivent pas rester sans lendemain, sinon elle mourront.

Alors en conclusion, je vous invite à penser à ces deux promesses. : Et si cette année, vous faisiez qqch de ces promesses (pour ouvrir votre vocation qui vous est propre), afin qu’il y ait un Avent et un après ? Par exemple : comment  puis-je favoriser la fécondité autour de moi, dans les relations, les projets ? comment puis-je relayer la présence de Dieu auprès de ceux autour de moi qui en ont besoin, comment leur apporter cette lumière ? (silence)



Car maintenant que j’ai jeté tous les objets symbolisant les promesses illusoires de la publicité (et donc de notre société de consommation), voici un objet qui symbolise cette promesse que nous recevons ce matin de la part de Dieu: une bougie… éteinte. Lors du baptême, le ou la baptisée reçoit une bougie pour symboliser ce passage à une vie nouvelle et ce matin j’avais envie de vous offrir à tous une petite bougie, mais éteinte celle-là, bougie qui symbolise cette promesse de vie nouvelle qui va commencer à Noël avec la venue de ce « Dieu avec nous ». Avec cette bougie, c’est la promesse de Dieu que vous recevez. Ainsi vous pourrez l’allumer à Noël quand vous vous souviendrez que la promesse s’est réalisée… Une bougie, symbole de lumière et de chaleur, symbole de fécondité, de vie, et de présence de Dieu. Une bougie comme une promesse à réaliser, à allumer. Mais là encore, Dieu n’a pas d’autres mains que les nôtres…

Amen.

Prédication prononcée le dimanche 21 décembre 2014 à Lutry 
(baptême d'Alexia Fauchon Mercier)

dimanche 7 décembre 2014

En Avent, prenons le temps... et cultivons le peu contre le trop !

L'Avent est une période qui file à toute vitesse. En Avent toute ! Bien souvent, elle rime aussi avec "pas le temps". Prendre le temps pour méditer, pour prier, pour lire. Juste de prendre 5' par jour pour prendre du recul, c'est important. L'Avent c'est quoi ? une petite vidéo bien faite nous le rappelle en 2' (en anglais): https://www.youtube.com/watch?v=S02KOlw7dlA.

Aujourd'hui je vous propose 5 pistes (rien que ça...) pour prendre le temps pour cette période de l'Avent:
- l'Evangile à l'Ecran qui propose chaque jour un verset biblique du jour et une piste de réflexion en lien (avec une action spéciale avec 26 invités pour cette période)
- le blog http://aventenvers.blogspot.ch qui propose de vivre l'Avent en poésie avec chaque jour un texte différent
- un autre blog http://dufonddemapensee.blogspot.ch, celui d'une étudiante en théol, qui amène chaque jour un petit commentaire: magnifiquement bien écrit!
- le site internet http://www.avent-autrement.ch qui propose chaque jour un verset biblique, une prière simple et une activité à faire, seul ou en famille !
- la prédication dialoguée qui a été prononcée hier dimanche au culte en lumière à Corsy en lien avec un action solidaire en faveur de la pasto de la rue à Lausanne: en cette période d'Avent, cultivons le peu contre le trop !

Bel Avent à chacune et à chacun !

CEL 7 décembre 2014 – prédication dialoguée (Ex 3,4-5) : 
« Cultiver le peu contre le trop »

Benjamin se pointe avec un bonnet de Noël publicitaire...
BC      Salut Claire-Do !
CDR   Ah non, pas toi !
BC      Comment ça tu parles « pas toi » ? tu es patoisanne ? « L'è binstoû Tsalande! Lè patiet dzà dèso lo sapalla. Trâo bin! »
CDR   Non, pas toi ! Tu vas pas me dire qu’à l’approche de Noël, tu te laisses faire par cette société productiviste matérialiste surconsumériste et même « père noëliste » comme dirait ma fille !
BC      Quelle triste liste catastrophiste de mots en « –iste », pire que chez le dentiste unijambiste cannibaliste ! Mais sérieusement, qu’est-ce que tu veux y faire ? c’est comme ça, on peut pas changer la société, Madame la révolutionnaire !
CDR   Mais je ne te parle de tout changer. Juste de faire différemment. En tant que chrétien, nous sommes invités à porter un autre regard sur notre société.
BC      Et agir autrement, c’est ça ?
CDR   Exactement. Aujourd’hui, à l’heure du trop plein…
BC      (la coupe) ah ouais le « trop plein », je vois ce que tu veux dire : la soupe est pleine !
CDR   La COUPE est pleine !
BC      Oui ! (partir à gauche) Moi me balader dans ces magasins à Noël, ça m’écœure. Quand tu penses que y a des gens qui crèchent dans la rue alors que nous, parce qu’il y a eu trois guelus qui ont apporté des cadeaux à Jésus dans sa crèche, on fait la courses aux cadeaux… « Qu’est-ce que je pourrais bien pouvoir lui offrir ? Oh j’ai pas d’idée, allez hop, j’achète un truc inutile… »
CDR   Peut-être que justement, en cette période de trop plein de cadeaux, mais aussi de repas gargantuesques, de fêtes bien arrosées, etc., eh bien il convient de se mettre à l’écoute de la parole.
BC      Qui nous dit quoi ? (se rapproche)
CDR   Comme à Moïse, elle nous dit d’enlever nos sandales…
BC      Ah ouais. Mais bon, tu vois, moi les sandales ça me parle pas trop (c’est pas contre toi Pilou), surtout quand on est en hiver et qu’il faut mettre des chaussettes.
CDR   « Les vraies rencontres surviennent dans la soustraction », comme disait Francine Carillo. Pour vivre une rencontre, il faut se désencombrer…
BC      (au centre) « Se désencombrer », ça me fait penser au jeûne. Pas les jeunes ceux qui sont pas vieux, mais la semaine que je passe pendant le carême à jeûner, vivre une semaine sans nourriture matérielle. C’est une sacrée expérience qui me fait toujours du bien : je me vide du superficiel (ce qui a trait à notre société « productiviste matérialiste surconsumériste », comme tu disais tout à l’heure) pour me centrer sur l’Essentiel dans ma vie : la présence de Dieu à mes côtés. J’en avais même parlé dans mon mémoire sur l’unité des chrétiens, citant l’hymne de Philippiens 2 où Paul rappelle que le Christ « s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur… » (2,5-7) Dépouillé, ekenosen en grec, littéralement se vider. Vivre la kénose…
CDR   La quoi ?
BC      La KENOSE (oui je sais c’est un mot compliqué, mais au moins tu pourras le placer dans des cocktails de Noël): la kénose, donc, c’est le fait de se dépouiller, se vider des choses en trop… Dans mon travail de mémoire j’avais écrit que la kénose signifie « le dépouillement de ce qui est de l’ordre du péché pour faire de la place à l’autre et à Dieu, pour re-trouver ce qui est de l’ordre de la Vérité ». 
CDR   Ainsi pour retrouver la Vérité, pour vivre une rencontre vraie, il faut se dépouiller… comme Moïse !
BC      Oui je comprends mieux maintenant ! Quand Moïse entend « N’approche pas d’ici ! Retire de tes pieds tes sandales, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. », ce n’est pas seulement pour signifier qu’il entre dans un lieu sacré, comme on le faisait dans le temple à Jérusalem à l’époque…
CDR   mais c’est aussi et surtout une façon d’appréhender la rencontre ! Si je viens les mains pleines, je ne peux pas recevoir. Si l’on se désencombre, ainsi seulement on peut recevoir le Saint Esprit qui vient nous remplir de sa présence ! Dans une société du trop plein, trop bruyante, qui court tout le temps, comment recevoir la présence du Christ ? (s’assied)
BC      Il faut prendre le temps, par exemple celui du silence, du calme, de la prière, pour faire le vide… (s’assied et prend un temps de silence)
CDR   Francine Carillo dit encore « Ceux qui travaillent à se désencombrer de tout ce qui les retient au pays de l’étroitesse, à commencer par la voracité de leur moi, ceux-là sont en route vers la terre promise, dite « bonne et large », parce qu’on y respirer le Souffle dont on ne sait ni d’où il vient, ni où il va. »

CDR   (mouvement de rapprochement vers l’assemblée) En ce 2e dimanche de l’Avent, nous vous avons invités à apporter de la nourriture pour ceux qui sont dans la rue, à Lausanne et qui en bénéficieront par la Pastorale de rue.
BC      Merci, c’est vivre l’Evangile que de poser des gestes de solidarité envers ceux qui sont dans la précarité en se rappelant que Jésus lui aussi est né dans la précarité…
CDR   Et pour les semaines à venir, nous vous invitons…
BC      Pour nourrir votre attente…
CDR   A élaguer ce qui vous alourdit, « choisir l’Unique nécessaire qui nous donne de savourer la profondeur de la vie ».
BC      En bref, pour utiliser un mot compliqué, à vivre une « kénose », à vous dépouiller (jette son bonnet)
CDR   Pour vous préparer à Noël
BC      Pour aller à la rencontre avec Celui qui vient et qui est la vraie Lumière.
CDR   Ensemble, pour notre route vers Noël…
BC+CDR            Cultivons le peu contre le trop plein !

AMEN