mercredi 22 avril 2015

De retour de Bose: Vivre l'aujourd'hui de Dieu

Pris dans la tourmente des mois de mars-avril (semaine de jeûnes, week-ends avec les jeunes, préparations des Rameaux, célébration de l’aube de Pâques, camp de KT dans les  Cévennes, j’ai fini par tomber malade après Pâques. « A Pâques, le Christ ressuscite, mais les pasteurs tombent comme des mouches », disais-je à des amis… J Remis sur pied (c’est bien cela le sens de la  résurrection ?), je me retrouve au monastère œcuménique de Bose (Italie) pour ma plus grande joie (avec mes collègues du colloque régional). Ce lieu, plein de paix et de sérénité, m’offre aussi – enfin – l’occasion de prendre le temps de vivre l’aujourd’hui de Dieu.

Pré-occupés par l’à-venir

Car il est si difficile de vivre l’aujourd’hui et le maintenant de Dieu. Dans notre société, nous sommes coinstamment tiraillé entre l’hier et le demain. Pris par ce qui s’est passé (dis voir, c’était bien quand même, hein ?), mais surtout pré-occupé (occupé en avance) par ce qui nous attend, par l’avenir qui va advenir. Préoccupé par demain et même après-demain, obnubilé par l’an prochain, par celui d’après. Car nous devons prévoir, voir loin, dans notre société, dans le ministère, comme sur la route : voir loin. Alors forécment, je me retrouver, comme beqaucoup d’autres, préoccupé par les projets de demain, projets personnels, familiaux, professionnels… Je me retrouve comme dans un tourbillon, habité constamment par cela : « qu’est-ce que je, nous, allons faire ? comment ? » Question pertinente pour notre XXIe siècle angoissé de l’avenir : comment faire pour ne par être constamment dans le passé ou l’avenir ?

La discrétion du Christ

Cela commence par dire STOP. Dire NON aux pensées qui nous projette au loin, et accepter, avec patience (mais Dieu que c’est difficile), d’attendre. Et de vivre le moment présent, en étant attentif à la discrétion du Christ, présent dans nos vies, mais qui ne s’impose pas, qui nous laisse l’initiative. Comme lors du récit des pèlerins d’Emmaüs que nous avons médité hier soir : « Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s’il voulait aller plus loin. » (Lc 24,28) Jésus peut-il feindre, faire semblant ? Cherche-t-il à tromper ? Non, le Christ, simplement, ne s’impose pas, Il nous laisse l’initiative. Il est à nos côtés, que nous le voyions ou non, que nous le reconnaissions ou non (pris par nos émotions, nos angoisses, quand nous sommes dans notre bulle), et Il nous accompagne sur notre chemin de vie. Mais c’est à nous, seulement à nous, qu’il appartient de prendre la responsabilité de lui dire « reste avec nous ».

Cela me refait penser à ces versets bien connus de l’Apocalpyse : « Ecoute, je me tiens à la porte et je frapppe. Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, je prendrai le repas avec lui et lui avec moi. » (Ap 3,20)

Un Dieu qui se laisse chercher

Le Dieu auquel je crois, le Dieu de Jésus Christ, est présent dans la tourmente de nos vies, certes, mais il n’est pas un Dieu qui s’impose. C’est un Dieu qui se laisse chercher et trouver. Un Dieu qui attend que nous fassions le pas vers lui. Vivre l’aujourd’hui de Dieu, c’est ainsi d’abord une décision personnelle, un pas à faire en sa direction.

Chaque matin, c’est ma prière :
« Seigneur, habites mon cœur et mes pensées,
emplis ma journée de ta présence,
que Tu te révèles à moi et à ceux qui m’entourent.
Aide-moi à vivre le moment présent,
sans penser à hier ou à demain,
mais en communion avec Toi
et avec les hommes et les femmes
que tu places sur ma route.
Amen. »

Ce matin, en dépit d’une nuit agitée et courte, j’ai décidé de me rendre à l’office de 6h avec les frères et les sœurs de Bose. Pas parce que cela fait de moi un meilleur chrétien, ou un meilleur pasteur, mais parce que cette prière matinale qui commence de nuit et finit de jour, m’emplit de la présence du Christ pour ma journée, et va m’aider à vivre l’aujourd’hui Dieu.


Et vous, que ferez-vous en ce jour pour vivre l’aujourd’hui de Dieu ?