dimanche 24 janvier 2016

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX: "Face au mal, le Christ nous promet un monde nouveau par les humbles et les plus petits."


(avant de commencer, mettre la musique du Seigneur des Anneaux ici)

Récit à deux voix : Frodon au Mont du Destin // Jésus au Mont du Calvaire (Mt 27, 32-48)

(A) Le mal est dans le monde. Le paradis est perdu. Adam et Eve ont été chassé d’Eden, et le Christ porte sur lui, sur son épaule, le symbole du mal, de la peur, de la souffrance, de l’ennemi du bien : une croix.

(B) Le mal est dans le monde. Le paradis de la Comté est perdu. Les Hobbits Frodon et Sam ont dû quitter leur Comté natale, ce petit paradis verdoyant. Frodon porte sur lui, autour de son cou, le symbole du mal, de la peur, de la souffrance, de l’ennemi du bien qui s’appelle Sauron : un anneau.

(A) Devant les regards des passants et des gardes romains qui se moquent de lui, lui crachent dessus, Jésus porte sa croix, péniblement au milieu de la foule. Il commence la longue montée du Mont Golgotha, littéralement le lieu du crâne, pour aller affronter le sien, de destin, en mourant sur une croix.

(B) Loin du regard de Sauron et des créatures maléfiques, Frodon porte son anneau, péniblement, sur cette terre aride du Mordor. Il commence la longue montée de la montagne du destin pour aller affronter le sien, de destin, en détruisant l’anneau dans le feu là-haut, seul endroit où il peut être détruit.

(A) La montée est rude. Un pas après l’autre. La sueur coule sur son visage. J’ai soif, dit-il. Mais il n’y a pas d’eau, juste une éponge de vinaigre. Assoiffé, il faut pourtant avancer. Il sait ce qui l’attend. Il n’y a pas de retour possible. Pas d’autre issue que la mort.


 (B) La montée est rude. Un pas après l’autre. La sueur coule sur son visage. J’ai soif, dit-il. Mais il n’y a pas d’eau, sa gourde est vide. Assoiffé, il faut pourtant avancer. Il sait ce qui l’attend. Il n’y a pas de retour possible. Pas d’autre issue que la mort.

(A) Pourtant, il n’est pas seul. Jésus voit tout à coup un homme, appelé Simon de Cyrène, qui lui prend sa croix, et la lui porte pour les dernières dizaines de mètres jusqu’au lieu visé. Soulagement. Je ne suis pas seul, se dit Jésus.

(B) Pourtant, il n’est pas seul. Frodon est avec son ami de toujours, son jardinier, Sam, qui l’a accompagné tout au long de son périple.  Sam sait qu’il ne peut pas porter l’anneau pour Frodon. « Mais je peux vous porter ! » dit Sam qui met alors Frodon sur son épaule, et le porte pour les dernières dizaines de mètres jusqu’au lieu visé. Soulagement. Je ne suis pas seul, de dit Frodon.

(A) Il savait que cela allait arriver, il s’y était mentalement préparé. Pourtant c’est trop dur. Jésus n’arrive pas à l’accepter. Mourir sur une croix ? Tentation du désespoir. Mon père, mon père, pourquoi m’as-tu abandonné ?, crie Jésus.

(B) Il savait que cela allait arriver, il s’y était mentalement préparé. Pourtant c’est trop dur. Frodon n’arrive pas à l’accepter.  Détruire l’anneau du pouvoir pour de bon ? Tentation du pouvoir. Je garderai l’anneau pour moi, se dit Frodon.

(A) Mais finalement Jésus pousse un grand cri et meurt. Le rideau du temple se déchire, la terre tremble, les rochers se fendent. Le monde d’avant n’est plus. Il ouvre sur un autre monde, sur une autre vie.


(B) Mais finalement, grâce à Gollum, Frodon pousse un grand cri et détruit l’anneau. La tour de Sauron s’écroule, la terre tremble, les rochers se fendent. Le mal est détruit. Le monde d’avant n’est plus. Il ouvre sur un autre monde, sur une autre vie.

Luc 9, 46-48 : qui est le plus grand ? 

Qui est le plus grand ?
Les disciples se mirent à discuter pour savoir lequel d'entre eux était le plus grand. Jésus se rendit compte de ce qu'ils pensaient. Il prit alors un enfant, le plaça auprès de lui, et leur dit : « Celui qui reçoit cet enfant par amour pour moi, me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit aussi celui qui m'a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est lui qui est le plus grand. »

Message  

On aimerait bien que ce ne soit pas comme ca. On aimerait que tout aille pour le mieux dans le meilleurs des mondes. On aimerait bien que le mal ne soit pas parmi nous.

Oui mais nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. S’il fallait un exemple, un seul, c’est celui du 13 novembre dernier avec les attentats de Paris, qui nous montre une fois encore que le mal fait partie de notre monde. Il est là, quoi qu’on veuille.

Il est là, comme cet anneau dans le film. Cet anneau du pouvoir, qui s’il tombe dans de mauvaises mains peut être dévastateur. Un peu par hasard, il revient dans les mains de Frodon. « j’aurais tellement aimé qu’il n’existe pas » dit-il. Comme le mal. Mais voilà, c’est ainsi, le mal est là
           
La question se pose alors : que faire face au mal ? faire l’autruche ?  ou faire le héros vengeur masqué comme Batman ? ou désespérer ?

"Il y a toujours de l'espoir"   


Dans le film, même quand la tache semble impossible, même au fond du gouffre (de Helm), même quand il semble ne plus y avoir d’espoir, les personnes ne baissent pas les bras. « Il y a toujoursde l’espoir », rappelle le héros Aragorn.  Et chacun lutte avec ses moyens, avec sa force, les différentes créatures s’allient: « L’espoir s’est embrasé » avec les feux qui s’allument sur toutes les montagnes et qui symbolisent l’union face au mal.

Il y a l’espoir, le combat, et le sacrifice. Frodon et Sam, deux hobbits, deux semi-hommes, tous petits, ont la lourde tâche d’aller détruire l’anneau au fin fond du Mordor, dans l’endroit le plus sombre. Mais ils se rendent bien compte qu’ils n’auront pas assez de nourriture pour le chemin du retour. Ils se rendent bien compte qu’en fait pour détruire cet anneau du mal, pour qu’il y ait un monde nouveau, ils doivent se sacrifier.

Frodon porte donc son anneau qu’il ne peut porter que lui. Jésus, comme Frodon, portent sa croix. Chacun porte sa croix. Comme le dit le proverbe, chacun sa croix, ou plus vulgairement, chacun sa merde, celle que nous seuls pouvons porter. Ce chemin de croix ouvre un chemin de salut, permet un nouveau monde, par ces sacrifices.

Les petits sont les plus grands

« Qui est le plus grand ? », c’est la question posée à Jésus. , ce n’est pas le plus balèze. Ce n’est pas le plus royal, comme l’est le nouveau roi des humain Aragorn. Non le plus grand, c’est le plus humble, le plus petits. Ces Hobbits sont haut comme trois pommes et pourtant ils changent le monde. C’est un beau message d’espérance : même un enfant, même un tout petit, peut changer le monde ! Comme avec cette scène finale où tous les hommes se mettent à genou devant Frodon, Sam et Merry & Pippin, euh les hobbits qui sont élevés, malgré leur petite taille,  au rang de grands.

Frodon et Jésus porte leur croix. Mais ils ne sont pas seul : il y a l’amitié de Sam, qui prononce cette réplique qui m’a marqué: « Je ne peux pas porter l’anneau, mais je peux vous porter ». De la même manière, Jésus ne peut pas gommer nos anneaux de souffrances et d’épreuves, dans nos moments difficiles, il peut nous porter. Comme il y a cet homme, Simon de Cyrène, qui aide Jésus à porter sa croix. Ne l’oublions pas : face au mal, nous ne sommes pas seuls !

Après la croix, Pâques. Après l'anneau, un monde nouveau

Après la croix, il y a la vie nouvelle de Pâques. Après l’anneau, il y a la paix et la propsérité retrouvée, comme avec Sam et sa famille, celle d'un monde nouveau. Que Dieu nous donne toujours cette espérance, que même dans les pires ténèbres, même quand tout semble perdu, il est là. Que lui, le Dieu trois fois saint, nous donne et en tous temps sa lumière.


Amen.

(Culte "Clin Dieu" du 24 janvier 2016 à Pully)