mardi 25 octobre 2016

Le sens de ma vie

La semaine passée, première semaine des vacances d'octobre, j'étais en camp avec 34 catéchumènes et 19 JACKs de la région à Vaumarcus pour vivre un camp sur le thème du sens de la vie : "naître, vivre, mourir... ressusciter ?". Cette année en particulier, j'ai pu m'émerveiller devant ces jeunes qui découvrent les questions existentielles et réalisent combien la vie est belle et vaut la peine d'être vécue "en qualité". Et moi? J'en suis où dans ma vie? Quel est le sens de ma vie ? Naître, vivre, mourir, ressusciter, 4 mots fondamentaux que l'on peut s'approprier à tout âge. Car comme me disait une paroissienne sur Facebook: "y a-t-il des camps sur ce thème pour les adultes?"...

Naître ou ne pas naître, telle est la question


Alors que les contractions sur le ventre de mon épouse se font de plus en plus pressantes et que la venue de BB2 ("Prim'"), du coup, semble se rapprocher également (36e semaine de grossesse), je suis en plein dans la naissance. Comme pleins de catéchumènes, je m'émerveille de ce cadeau qu'est la vie, cadeau de Dieu qui nous est offert: quel incroyable miracle que la vie ! et quel miracle que de pouvoir donner la vie! Aujourd'hui dans l'attente de ce bébé à venir, je pense à tout mes paires qui n'arrivent pas à avoir des enfants alors que le désir est là. Je pense à ceux et celles qui vivent des drames, plus ou moins grands, avec la perte de foetus ou même de bébés ou d'enfants. Comme cette catéchumène, je prends conscience que la vie ne tient souvent qu'à un fil. Et qu'elle est toujours un miracle. Naître ou ne pas naître, telle est la question, car beaucoup de foetus ou de bébés ne viennent pas au monde. Que faire de cette vie "cadeau", de cette chance ? Comment naître à moi-même, devenir qui je suis ou qui je veux être, trouver ma voie?

L'émerveillement devant ce cadeau de la vie, devant ces bébés dont je suis père, me pousse sans cesse à me remettre en question, à me demander comment les accompagner au mieux dans cette aventure infinie qu'est la vie. Les aider à grandir, leur transmettre cet amour de la vie tout en leur donnant des conditions cadres qui leur permettre de se trouver et de se réaliser eux-mêmes. Car comme disait Khalil Gibran:
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
(Le Prophète)
Des JACKs m'ont fait ce témoignage touchant: "C'est toi qui nous forme et qui nous fais grandir. Tu prends énormément de ton temps pour nous apprendre les choses essentielles de la vie. Tu nous transmets ta foi. Grâce à toi, nous vivons des moments exceptionnels. On ne sent jamais de trop, jamais rejeté avec toi. Tu prends tout le monde sous ton aile tel un faucon royal". :-) C'est peut-être d'abord cela aider à naître: aimer, protéger et... laisser s'envoler.

Vivre chaque instant comme si c'était le dernier


Vivre, c'est une chance, un cadeau, mais qu'en faire? Qu'en faire pour que cela aie du sens? Comment trouver ma place, celle que je désire prendre, comment me réaliser, que choisir pour que cela fasse du sens pour moi ? Pas facile de répondre à ces questions, mais elles sont importantes à tout âge. Car ce qui était vrai à 15 ans ne l'est pas forcément à 25 ou 45 ou 65 ans. Notre chemin de vie est parfois tortueux, tout ce que nous croyons c'est que Dieu nous accompagne toujours sur ce chemin fait bien souvent de choix, professionnels, familiaux, etc. "Tu choisiras la vie!, dit Moïse avant que le peuple n'entre en terre promise. Evidemment, en théorie cela semble simple. Mais en pratique cela l'est beaucoup moins: quels choix sont porteurs de vie pour moi?

Vivre c'est aussi grandir, au fil des rencontres, se laisser transformer. La vie n'est pas figée, heureusement et encore une fois l'image du chemin est parlante: parfois la route est raide, difficile, parfois facile, parfois nous avons des choix à faire, comme à un carrefour, parfois c'est l'autoroute. Mais la vie est cette aventure avec Dieu dont nous parle Abraham: " Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai." (Gn 12,1) Quitter pour grandir. Un chemin de confiance avec Dieu.

La mort nous invite à la vie

Vis chaque instant comme si c'était le dernier, c'est un peu le message que l'on peut tirer de la mort. La mort est là, quoi qu'on en dise, quoi qu'on veuille, et elle nous invite à nous poser le sens de la vie: qu'est-ce que je désire vivre pour qu'arriver à la fin de ma vie, je puisse me dire "ah quelle belle vie j'ai eue!"
Alors, mange ton pain avec plaisir et bois ton vin d'un cœur joyeux, car Dieu a déjà approuvé tes actions. En toute circonstance, mets des vêtements de fête et n'oublie jamais de parfumer ton visage. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, chaque jour de la fugitive existence que Dieu t'accorde ici-bas. C'est là ce qui te revient dans la vie pour la peine que tu prends ici-bas. Utilise ta force à réaliser tout ce qui se présente à toi. En effet on ne peut pas agir ni juger, il n'y a ni savoir ni sagesse là où sont les morts que tu iras rejoindre. (Ecclésiaste 9, 7-10)
Au fond, la mort nous invite à la vie, elle nous invite à en profiter pleinement et à vivre une vie de qualité, car comme le dit l'Ecclésiaste, on ne sait pas à quel moment la mort peut surgir.

La mort n'a pas le dernier mot

Par ailleurs, la mort de Jésus de Nazareth sur la croix a ouvert une brèche de lumière. La mort n'a pas eu le dernier mot. La Vie est plus forte que la Mort. C'est l'espérance qui nous habite, nous les chrétiens, et modifie notre vision du monde. La mort n'est pas la fin, elle a été vaincue une fois pour toute en Jésus Christ et nous donne cette espérance pour nous aussi. La résurrection, c'est donc d'abord la vie après la mort, en laquelle je crois fermement, avec confiance, même si je ne sais pas très bien "où quoi comment?". J'ai confiance, Son amour n'a pas de fin.

Mais il y a aussi toutes les petites résurrections de nos vies, dans nos vies, qui nous montrent qu'après les ténèbres, il y a la lumière. "Il y eut un soir, il y eut un matin." Ce simple refrain du premier chapitre de la Genèse pour redit bien l'espérance que la lumière suit toujours les ténèbres. Après un deuil, il y a de la lumière. Sam le dit à sa manière dans le Seigneur des Anneaux:
C'est comme dans les grandes histoires, Monsieur Frodon. Celles qui importaient vraiment, celles où il y avait danger et ténèbres. Parfois on voulait pas connaître la fin car elle pouvait pas être heureuse, comment le monde pouvait redevenir comme il était avant avec tout le mal qui s'y était passé ? Et en fin de compte, elle ne fait que passer cette ombre, même les ténèbres doivent passer. Un nouveau jour viendra et lorsque le soleil brillera, il n'en sera que plus éclatant. [Sam]

C'est cette espérance, chers lecteurs, que j'avais envie de partager avec vous en ce jour. L'espérance que la Vie est plus forte que la Mort, et que cette vie est belle et vaut la peine d'être vécue pleinement, espérance qui nous mène à la reconnaissance pour la vie offerte.

Et vous, que ferez-vous de ce cadeau qu'est la vie ?